Changement climatique

Emissions territoriales VS empreinte carbone

Emissions importées, empreinte carbone, qu’est-ce que cela signifie ?

Les émissions territoriales prennent en compte uniquement les émissions de GES physiquement émises à l’intérieur d’un pays.

L’empreinte carbone prend en compte la demande finale intérieure d’un pays, c’est-à-dire la production intérieure pour le pays + importations + logements et voitures, hors exportations.

Pour être exhaustif et précis lorsque l’on parle des émissions de GES d’un pays, il est nécessaire de se baser sur l’empreinte carbone, qui prend en compte les émissions importées : en effet, lorsque nous achetons par exemple un smartphone ou un vêtement fabriqué en Asie, nous émettons du CO2, mais qui n’est pas pris en compte dans les émissions territoriales.

Quelles différences cela engendre en termes de comptabilité carbone ?

Pour la France par exemple, les émissions territoriales ont été réduites de 30 % entre 1995 et 2018, quand les émissions importées ont augmenté de 78 % sur la même période. L’empreinte carbone de la France est finalement plus élevée en 2018 qu’en 1995.

Empreinte carbone de la France (émissions sur le territoire national + émissions importées), source : Haut Conseil pour le Climat (HCC), Rapport « Maîtriser l’empreinte carbone de la France », 2020

En termes d’engagement, la France s’est engagée à date uniquement sur les émissions territoriales, qui ne couvrent qu’une partie de l’empreinte carbone réelle du pays. En conséquence, les mesures d’atténuation du changement climatique mises en œuvre peuvent avoir un impact limité, car elles ne portent que sur une partie du problème :

« L’empreinte carbone est environ 50 % plus élevée que les émissions territoriales : environ 10 t éqCO2 contre 6,5 t éqCO2 en 2019. Cela signifie que les Français importent plus de biens et services carbonés qu’ils n’en exportent. » Rapport du Haut Conseil pour le Climat, « Renforcer l’atténuation, Engager l’adaptation », 2021.

Empreinte carbone et objectifs climatiques

Pour la France, le constat du HCC est sans appel : « Trop d’incertitudes persistent encore sur la mise en œuvre des politiques publiques. Elles sont globalement trop peu alignées avec les orientations de la SNBC pour garantir l’atteinte des objectifs bas-carbone à l’horizon 2030 » Rapport « Renforcer l’atténuation, engager l’adaptation », Haut Conseil pour le Climat, juin 2021.

Dans le monde, la plupart des pays signataires de l’Accord de Paris, dont la France, ne respectent pas leurs engagements, permettant d’espérer limiter la hausse des températures à 2°C d’ici la fin du siècle. Or, le GIEC a bien rappelé l’importance de limiter la hausse des températures à 1,5°C dans son dernier rapport : la différence entre un monde à 1,5°C ou 2°C est fondamentale, chaque 0.1°C compte !

L’ONU a d’autre part démontré dans son rapport du 17 septembre 2021 qu’avec les engagements actuels (non respectés!) des pays signataires de l’accord de Paris, nous irions probablement vers un monde à +2.7°C.

Quant au rythme actuel d’émissions de GES mondiales, il nous emmène vers un monde entre +3,3 et +5,7°C en 2100. (Source : rapport du GIEC AR6, premier groupe, août 2021).

La bonne nouvelle, c’est qu’il est encore temps d’agir, et que les solutions sont là !