Changement climatique

Climat : agir à titre individuel

Comment chacun d’entre nous peut agir pour le climat, à titre individuel ?

Cet article a pour objectif de servir de guide, pour bien comprendre ce qui fait que l’on émet des gaz à effet de serre, puis pour donner des pistes concrètes d’actions à mettre en œuvre.

Empreinte carbone d’un français et enjeux climatiques

L’empreinte carbone d’une personne représente la quantité de gaz à effet de serre (GES) induites par son mode de vie ; ces gaz à effet de serre sont émis par exemple lorsqu’elle se déplace, se loge, consomme (achète des produits ou des services), ou se nourrit.

En 2018, l’empreinte carbone moyenne d’un français était de 11.2 tonnes équivalent CO2 / an.

Pour tenir les engagements climatiques de la France et espérer limiter le réchauffement climatique entre +1.5°C et +2°C d’ici la fin du siècle, (pourquoi c’est important), cette empreinte carbone moyenne doit être réduite à moins de 2 tonnes eq. CO2 / an d’ici 2050, soit une division par 6 de nos émissions.

Statistiques du gouvernement sur l’empreinte carbone d’un français, 2020.

D’où proviennent nos émissions de gaz à effet de serre ?

Les sources d’émissions de GES d’un français, de la plus importante à la plus petite, sont le transport, le logement, l’achat de biens de consommation (numérique, vêtements, autres), l’alimentation, et enfin un bloc concernant les émissions liées aux services publics que l’Etat met à notre disposition (cf. graphique ci-dessous).

Sources : Ravijen.fr sur la base des données du gouvernement, de Carbone 4, de l’Agreste et de l’INSEE

Voici donc, par sources d’émissions de gaz à effet de serre (GES), les moyens que nous avons d’agir à titre individuel.

1. Mesurer

Une des premières actions à réaliser consiste à mesurer précisément son empreinte carbone personnelle, de sorte à mieux comprendre ses propres sources d’émissions de GES.

Pour cela, divers calculateurs simples d’utilisation et en ligne existent, comme Nos gestes climat, et cela ne prend pas plus de 5 minutes.

2. Se déplacer

Renoncer à l’avion

Des alternatives sont possibles, comme reprendre le temps de voyager, le train, le vélo, ou encore l’écotourisme. Cela signifie voyager mieux, plus lentement, peut-être moins loin (quoiqu’en prenant le temps ce n’est pas forcément vrai).

Dans une étude publiée par B&L Evolution, pour ne pas interdire complétement l’avion pour les voyages personnels, propose :

  • D’autoriser deux vols aller / retour long courrier par jeune de 18 à 30 ans
  • D’instaurer une loterie nationale distribuant 500 000 vols par an

En complément, je recommande les articles de Bon Pote « Pourquoi arrêter l’avion ne devrait plus être un débat » et « Faut-il (vraiment vraiment) arrêter l’avion ? »

Limiter ses déplacements en voiture voire renoncer à la voiture (quand c’est possible)

Idéalement moins de 250 km / mois / passager, soit 3 000 km / an.

Se déplacer à pied ou en vélo pour les trajets < 5 km

Ou avec une trottinette, un skate-board, un cheval…

Privilégier le train sur les longues distances

Rouler moins vite sur les voies rapides

La mesure de la Convention Citoyenne pour le Climat consistant à réduire la vitesse à 110 km/h sur autoroute, permettait de réduire de 20% les émissions de CO2 sur ces trajets. On peut attendre la législation, mais on peut aussi adopter de nous-même cette règle de conduite, qui permet également de faire des économies.

Privilégier des voitures petites, légères et peu consommatrices lorsque l’on change de véhicule

C’est-à-dire surtout pas un SUV.

Et quelques autres gestes : voitures partagées, diminuer l’usage de la clim

Et pourquoi ne pas passer à la voiture électrique alors ?

Pas si simple. Tout dépend du contexte d’usage, du mix électrique du pays dans lequel la voiture se recharge, du poids, de la puissance, etc.

Et un petit ordre de grandeur : d’après les calculs de Jean-Marc Jancovici, si l’on électrifiait « la totalité des véhicules routiers actuels à performances identiques (mêmes masses, mêmes puissances, mêmes distances parcourues) », il faudrait construire environ 18 EPR, ou 110 GW de puissance à installer avec l’éolien, soit 37 000 à 110 000 éoliennes (en prenant des éoliennes d’une puissance de 1 à 3 MW), c’est-à-dire les 2/3 de la puissance installée de l’éolien Européen.

Il sera inévitable de réduire le nombre de voitures et le nombre de km parcourus.

3. Se loger

Isoler son logement

La perte d’énergie liée à une mauvaise isolation peut être conséquente, l’inconfort également : voir la fiche technique de l’ADEME : comment isoler sa maison et pourquoi isoler son logement. Il existe des aides de l’état pour aider à financer l’isolation d’un logement.

Réduire la température ambiante de son logement

Dans un premier temps, diminuer la température de 1 voire 2°C.

Idéalement, chauffer à 19°C dans les pièces où l’on est fréquemment, 16°C dans les autres. C’est loin d’être inconfortable, et si vous avez froid, il suffit d’enfiler un pull (en laine, fabriqué à la main par un artisan local qui plus est 😉).

Changer le mode de chauffage

Passer d’un chauffage au fioul ou au gaz vers d’autres modes moins émetteurs de CO2 avec de bons rendements : Pompes à chaleur, chaudières bois, poêle à bois. Il existe des aides de l’état pour aider à financer le changement de mode de chauffage.

Rénover l’ancien plutôt qu’acheter du neuf

Le neuf est bien plus émetteur de CO2 et participe à l’artificialisation des sols.

Et quelques gestes quotidiens à faire à la maison

  • Eteindre ou débrancher les appareils électroniques en veille.
  • Limiter le nombre d’appareils électroménagers : est-ce que l’on a besoin systématiquement d’un robot pour toutes les tâches de la cuisine ?
  • Limiter le nombre d’appareils électroniques : TV, smartphone, tablette, ordinateur …

4. Consommer

ACHETER MOINS

En majuscules, parce que c’est de très très loin la manière la plus efficace de réduire son impact sur le climat et plus généralement l’environnement.

Acheter mieux

Plus local, moins puissant, moins sophistiqué, plus facile à réparer.

Réparer plutôt que jeter

Acheter d’occasion ou reconditionné plutôt que du neuf

Limiter le nombre d’appareils électroniques et électroménagers

Limiter sa consommation numérique

  • Limiter l’usage de la vidéo en ligne
  • Augmenter la durée de vie du matériel (doubler la durée de vie d’un équipement numérique diminue de 50% son empreinte carbone)
  • Limiter la taille des écrans
  • Eteindre et débrancher les appareils
  • Limiter l’usage du Cloud
  • Limiter les pièces jointes dans les mails et trier les mails
  • Limiter l’usage des objets connectés

Pour aller plus loin, voir la fiche technique de l’ADEME : pour un numérique responsable.

Limiter l’achat de vêtements

  • Privilégier des vêtements fabriqués localement, avec des matériaux de qualité (laine, coton bio, lin français, …).
  • Penser prix à l’usage : en achetant par exemple un t-shirt bas de gamme à 4 €, avec une durée de vie de 2 ans maximum, que l’on porte 20 fois (parce qu’on en a plein d’autres à côté aussi) = 0.20 € l’usage. En achetant un t-shirt avec des tissus de qualité 25 € avec une durée de vie de 5-6 ans (voire plus) que l’on porte 200 fois = 0.12 € l’usage. Et l’empreinte carbone est bien moindre.
  • Limiter l’achat de vêtements (d’après une étude de B&L Evolution, idéalement 1Kg de vêtements neufs achetés / an maximum).
  • Réparer ou faire réparer les vêtements abîmés
  • Acheter d’occasion quand c’est possible (notamment lorsque l’on a des enfants en bas âge, qui grandissent rapidement 😉).

Et quelques autres gestes

Trier ses déchets, éviter au maximum le plastique, louer plutôt qu’acheter, ou encore mutualiser les achats.

5. Se nourrir

Réduire sa consommation de viande

C’est de loin la mesure la plus efficace pour réduire l’empreinte carbone liée à son alimentation. Avant de manger local, avant de manger Bio.

L’alimentation, c’est 24% de l’empreinte carbone d’un français, et la viande est responsable de la moitié de ces émissions.

Pourquoi ?

  • La viande rouge émet 100 à 200 fois plus de CO2 que la plupart des fruits ou légumes.
  • La viande blanche et le poisson émettent 10 fois plus de CO2 que la plupart des fruits et légumes.

D’où proviennent ces émissions ?

  • Majoritairement des cultures nécessaires pour produire la nourriture des animaux
  • En grande partie également du changement d’usage des sols
  • Le transport est une source d’émissions minime en comparaison

Emissions de CO2 par kg de produit alimentaire, avec les différentes sources d’émissions. Source : Our world in data

Mais la viande a toujours fait partie de notre alimentation ?

Il y a donc de la marge pour changer nos habitudes, et cela peut se faire progressivement : manger de la viande juste le midi, puis 4 ou 5 fois par semaine, puis pourquoi pas que le weekend, ou 1 à 2 fois par semaine ?

Mieux choisir sa viande

Choisir de la viande d’origine locale, bio, AOC ou Label Rouge permet de réduire :

  • L’empreinte carbone
  • L’impact sur la biodiversité et l’environnement
  • L’impact sur le bien-être animal

Par exemple, en achetant de la viande de bœuf industrielle ou premier prix même d’origine France, l’acheteur participe activement à la déforestation de l’Amazonie : en effet, la France importe massivement du soja du Brésil pour nourrir notamment ses bovins. Or, c’est l’extension de ces cultures intensives de soja qui participe principalement à la déforestation de l’Amazonie. C’est cette même viande qui est utilisée dans les fast-foods.

Eviter le gaspillage alimentaire

Le gaspillage alimentaire est responsable de 6% des émissions de GES mondiales.

Manger local ET de saison

Un ordre de grandeur : 1 kg de tomates acheté hors saison émet 4 fois plus de CO2 que 1kg de tomates en saison. Et autant qu’une banane provenant de l’autre bout du monde. Sans compter l’augmentation des impacts environnementaux autre que le climat (artificialisation de sols, biodiversité) et de la consommation d’eau et d’énergie qu’engendre l’agriculture hors saison.

Manger Bio

Pour soutenir l’agroécologie, qui a un moindre impact sur le climat et favorise la biodiversité.

Et quelques autres gestes

6. Voter

Si l’on est un tant soit peu conscient des enjeux, voter devient nécessaire :

  • Parce qu’une partie de nos émissions dépend des services publics, qui dépendent du gouvernement
  • Parce qu’il sera nécessaire de légiférer, pour transformer en profondeur notre société dans l’objectif d’aller vers un monde soutenable
  • Parce que les enjeux sont tels qu’on ne peut pas laisser la main à un gouvernement qui ne laisse aucun avenir climatique à nos générations et aux générations futures, comme c’est le cas pour les politiques actuelles ainsi que toutes les précédentes
  • Parce qu’on a besoin d’appui, et de rassembler l’ensemble de la société, y compris les entreprises, pour porter un tel changement

Les élections présidentielles de 2022 seront cruciales concernant les orientations climatiques de la France, mais aussi en partie de l’Europe.

En ce sens, des initiatives comme la Primaire Populaire, dont l’objectif est de porter un programme pour une république écologique, prennent tout leur sens.

7. En parler et partager

En parler avec sa famille, ses amis, ses collègues est l’une des meilleures manières pour sensibiliser aux enjeux climatiques et se mettre en action.

N’hésitez pas à partager les articles s’il vous manque des informations concernant le changement climatique, des arguments, ou des idées de solutions.

Pour toute question, vous pouvez également me contacter !